Bravo pour votre article sur l’interview du Dr. Barzilaï . Je pense que vous n’allez pas vous faire que des amis, mais il fallait que ces choses soient dites.

J’ai été médecin généraliste libéral de 1973 à 2011. (J’avais pris la suite d’un médecin installé depuis 1935, mais je n’ai trouvé personne pour reprendre mon cabinet).
Actuellement, je suis coordonnateur en EHPAD et je participe à l’enseignement du LMD (ancien DTS) d’imagerie médicale au lycée Estienne d’Orves.
Je suis tout à fait d’accord avec l’analyse du Dr. Barzilaï.
– Premièrement : il faut savoir se remettre en cause. Ce qui était considéré comme vérité scientifique il y a 10 ou 15 ans ne l’est plus automatiquement.
Comme l’a dit Laenec : « Les théories et les systèmes sont des amusements de l’esprit destinés à relier les faits entre eux, mais il faut savoir les abandonner dès qu’un seul fait leur donne tord. » Comment peut-il y avoir progrès si l’on ne remet pas en cause les habitudes.
– Deuxièmement : les conditions de l’exercice du métier de médecin ne sont plus ce qu’elles étaient il y a 50 ans lorsque j’ai commencé mes études. Tout n’est pas forcément mauvais dans les changements mais on a cru que l’on pouvait abandonner la clinique et la remplacer par les examens « paracliniques » de plus en plus nombreux.
Cependant, il y a un grand nombre de situations en médecine générale où un bon interrogatoire et un bon examen clinique permettent une bonne orientation diagnostique et donc la réalisation « ciblée » des examens paracliniques. Certains diagnostics nécessitent une observation de l’évolution et cela s’accorde mal avec la demande pressante actuelle des usagers du système de santé qui perdent le nom de patient pour prendre celui de consommateur de médecine.
L’information des patients s’est améliorée et c’est tant mieux, mais cela a contribué à modifier leur demande. Face à ces « nouveaux » comportements, les médecins ne doivent pas passer à côté de la rencontre humaine (un être humain en face d’un autre être humain) que la machine radiologique ou de laboratoire ne pourra jamais remplacer. Dans ce domaine, les frustrations de personnes malades aboutissent à des errements générateurs de dépenses inutiles et de souffrance accumulée.

La situation a bien changé depuis la généralisation de la sécurité sociale en 1945. Les dépenses de santé sont en augmentation constante. C’est inévitable et ce n’est pas forcément une catastrophe mais la gestion doit être revue.

La sécurité sociale ne peut pas continuer à fonctionner comme maintenant. Cet organisme dispose d’un côté de rentrées d’argent limitées, et d’un autre côté d’un guichet où l’on paye, inconditionnellement, toutes les factures présentées. Le déséquilibre permanent est comblé par un déficit permanent, on pourrait dire « structurel ». Il arrivera un moment où il faudra faire des choix.
Jusqu’à présent, les choix n’apparaissent pas tous pertinents. La dévalorisation constante des tarifs des actes médicaux aboutit à la dévalorisation de l’acte intellectuel des médecins et n’a pas généré d’économie. Pour les médecins, professionnels de niveau bac +10 , confrontés au maintien de leur niveau de vie, la diminution de la profondeur de la consultation a été compensée par la multiplication des actes. Est-ce un progrès ?
Les ministres de la santé successifs ont cru combler le déficit des caisses en « tapant » sur les médecins. Il est temps de réaliser qu’il faut agir aussi en direction des usagers.

Après tout, le budget de la sécurité sociale, c’est la gestion de leur argent Il ne peut y avoir d’équilibre du système sans responsabilisation des consommateurs.
La dernière « trouvaille » de la ministre de la santé de généraliser le tiers payant pour les consultations vient aggraver la situation en contribuant à dévaloriser l’acte médical et à déresponsabiliser les usagers.
Le sujet n’est pas clôt, les solutions nécessitent des orientations nouvelles mais il faudrait du courage pour les mettre en place.

Pour l’heure, votre article va dans le « bon sens », continuez dans cette direction
Cordialement
Dr. G. BOS
Qui oserait poser la question en ces termes : « êtes-vous d’accord pour emprunter afin de maintenir ce niveau de dépenses de santé remboursées »
N’y a-t il pas des dépenses de santé, qui n’entrent pas dans le champ de la prévoyance et de la solidarité ?

 


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